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L’ergonomie des Tableaux de bord – Livre Blanc

DGD
NIU
SWA
22/12/2009 - Olivier Courtois

 

 

 

"Design matters. But design is not about decoration or about ornamentation. Design is about making communication as easy and clear for the viewer as possible. "

 

Garr Reynolds – presentationzen.com.

 

 

Sommaire    

 

 

Avertissement

Ce livre blanc explique comment concevoir un tableau de bord en se concentrant sur l'aspect communicant de celui-ci. Quelles sont les informations importantes et comment les mettre en valeurs ?

 

Pour cela nous verrons quelle méthodologie employer, quelles sont les règles ergonomiques qui s'appliquent et quelles erreurs à éviter lors de la conception.

 

Attention : Une grande partie du livre blanc est inspirée du livre « Information Dashboard Design » de Stephen Few. Pour aller plus loin, je vous conseille très fortement la lecture de ce livre et de ceux qui sont cités à la fin du document.

 

Définition

Attention, cette définition est sujette à interprétation et peu de professionnels s'accordent sur la même définition.

 

Ceci étant nous considérerons dans ce document qu'un tableau de bord est une représentation visuelle permettant un accès rapide à l'information dont a besoin l'utilisateur sous forme macroscopique et synthétique. Un tableau de bord doit aussi arranger les informations de telle façon que lues les unes à côtés des autres elles donnent des informations nouvelles. Et tout ceci dans le but d'appeler l'utilisateur à prendre les bonnes actions aux bons moments. Tout du moins dans le cas général.

 

On peut ranger les tableaux de bords de plusieurs façons mais nous choisirons de distinguer les tableaux de bords en fonction de leurs buts premiers :

  • Tableaux de bords stratégiques : utilisés par des managers, il permet de comprendre l'environnement de l'entreprise actuel et à venir et de développer une stratégie à long terme cohérente. Les données n'ont pas besoin d'être rafraichies en temps réel et sont volontairement très peu précises. On préfèrera souvent des indications comme le chiffre est bon/mauvais/à améliorer ou la tendance. C'est par définition un type de tableau de bord très visuel.
  • Tableaux de bords analytiques : ils doivent permettre à l'utilisateur d'avoir une vue d'ensemble des informations qui l'intéressent. Mais celles-ci doivent être le point de départ d'une analyse plus poussée, autrement dit l'utilisateur doit pouvoir descendre dans le détail d'une information. Par conséquent c'est un type de tableau de bord qui reste visuel mais qui présente déjà des données et non plus des appréciations de celles-ci.
  • Tableaux de bords opérationnels : ils doivent permettre à l'utilisateur d'être informé en temps réel des alertes et informations importantes de son mécanisme de production. Ce tableau permet de piloter une activité, comparable à un tableau de bord de voiture ou d'avion. L'information doit être claire, visible et le tableau ergonomique. On ne doit pas risquer de passer à côté de l'information. Ce type de tableaux peut avoir des designs très variés en raison de l'activité qu'il permet de piloter.

 

 

Méthodologie

A mon sens en conception de tableau de bord, peu importe votre méthode, il y'a un point important à ne pas oublier : impliquer l'utilisateur final au maximum. Faire des allers-retours réguliers avec l'utilisateur permet de s'assurer de l'adoption de l'outil qui sera livré et de son adhérence maximum au besoin de l'utilisateur.

 

Ci-dessous je vous livre la méthode que j'utilise après lecture des différentes publications des experts du domaine. Elle a fait ses preuves dans le cadre de l'élaboration du tableau de bord opérationnel de la production de Bewise et dans le cadre du tableau de bord analytique d'un client.

 

Vue globale

 

 

Audit

Les projets de tableaux de bords n'échappent pas à la règle, il est de bon ton de commencer par interviewer le client sur ses besoins. Peu importe la forme du questionnaire, vous devriez répondre aux questions suivantes :

 

  • Définir la liste exhaustive des informations dont l'utilisateur doit être conscient.
  • Pour chacune de ces informations, déterminer la meilleure mesure possible en fonction :
    • Des données de l'entreprise.
    • La manière dont l'information est vue (valeur, variance, répartition, etc.).
  • Pour chaque indicateur obtenu déterminer :
    • Son nom.
    • La fréquence de rafraichissement des données.
    • Une tendance est-elle utile ?
    • Quelle est la priorité de l'indicateur ?
    • Quelles données supplémentaires apporteraient un contexte utile ?
    • Quels autres indicateurs du tableau de bord éclairent la compréhension de celui-ci ?

 

Ces réponses m'ont été très utiles pour définir pour chaque indicateur l'ordre dans lequel il doit apparaitre, comment la donnée est affichée et avec quel contexte.

 

Pour voir un exemple vous pouvez consulter le document de spécification du tableau de bord de production de Bewise.

 

Phase itérative

Une fois l'interview menée et les réponses collectées, procédez à l'analyse de celui-ci. Votre but : avoir une idée de l'affichage de chaque indicateur et évaluer la cohérence d'ensemble.

 

Croquis :

 

Dessiner l'indicateur offre plusieurs avantages :

  • Donnez une idée claire au client et éliminez les différences d'interprétation au plus tot.
  • S'obliger à penser du plus général au plus précis en prenant soin de négliger aucun aspect de la conception.
  • Se concentrer sur l'essentiel : comment va être perçu cet indicateur ? comment va-t-il être utilisé ? Et non pas : comment vais-je le réaliser techniquement ?

 

 

Maquettage :

 

Maquetter l'indicateur puis le support de l'ensemble des indicateurs permet de régler les derniers détails d'affichage, de vérifier la cohérence et l'efficacité du tableau de bord. C'est à partir de cette maquette que la phase suivante peut débuter.

 

Tests :

 

Les tests devraient toujours être réalisés par les utilisateurs finaux à partir de maquettes. Seul l'utilisateur final peut en manipulant comme il a l'intention de le faire tous les jours faire des retours constructifs. Ce sont ces retours précieux qui permettront d'assurer la réussite de tout le projet. Cependant ne vous contentez pas des retours, essayez d'observer l'utilisateur lorsqu'il manipule. Ce contexte d'utilisation pourrait constituer une information primordiale pour la qualité du tableau de bord.

 

Réalisation

Une fois que le client et les utilisateurs finaux sont satisfaits par la maquette, procédez à la réalisation du tableau de bord.

 

Attention : l'implémentation d'un tableau de bord suppose que vous ayez une parfaite connaissance des différents médias de représentation de l'information ainsi que des technologies à votre disposition. Si ce n'est pas le cas, prenez le temps de lire le chapitre suivant qui constitue une bonne introduction à ces points.

 

Avant la livraison vous procéderez au test de votre tableau de bord. Afin que ces tests soient les plus utiles possibles, veillez à utiliser les données réelles de votre client (lorsque c'est possible). Il n'est pas rare qu'elles puissent mettre en lumière des problématiques ignorées jusque-là. A noter que plus tôt vous effectuerez ces tests et mieux ce sera.

Livraison

Une fois la réalisation terminée, vous allez procéder à la livraison du tableau de bord. Ceci étant afin de maximiser les chances de réussite du projet vous devriez considérer une phase d'accompagnement des utilisateurs.

 

En effet un tableau de bord, le plus souvent, sous-entend un changement dans la manière de travailler de ces utilisateurs. Dès lors il est utile de mener une stratégie de conduite du changement et d'accompagnement de l'utilisateur.

 

A noter : malgré toutes les précautions prises, il se peut qu'après la livraison du tableau de bord, vous ayez besoin de lui apporter des modifications. Bien que vous ayez pris soin d'interviewer des représentants des utilisateurs, il est rare d'avoir rencontré chaque utilisateur, c'est pourquoi il peut être nécessaire de l'affiner encore un peu. Le mieux est encore de livrer des versions intermédiaires pour enrayer ce phénomène au maximum.

 

 

Boite à outils

Eléments graphiques

Pour être en mesure de concevoir un bon tableau de bord vous devriez tenter de vous documenter sur les différentes manières de représenter l'information. Plusieurs livres consacrés à ce sujet sont cités dans les sources à la fin du document.

 

Quoi qu'il en soit voici une liste non exhaustive des différents types de représentations :

 

Texte simple :

Dans la majeure partie des cas rappelez-vous que l'homme est un être visuel. Par conséquent préférez un affichage sous forme de graphique ou imagé si l'information à présenter le permet : sa compréhension sera instantanée. Ceci étant dans certains cas vous voudrez juste mettre en avant une valeur, auquel cas pensez à un texte simple :

 

Revenu Net 2009 : 35000 €

 

 

Bullets graphs

Les bullet graphs sont selon Stephen Few la façon la plus claire de représenter une information dans un espace minimal. Il a créé ce type de graphiques il y'a quelques années pour pallier aux défauts des gauges et thermomètres. Il semblerait que depuis sa publication l'idée ait fait du chemin puisque c'est un type de graphique accessible dans Report Server par exemple.

 

Ses avantages sont :

  • La possibilité d'empiler cote à cote ce type de graphiques en un espace minimum et sans pertes de clarté.
  • Simplicité et mise en avant des valeurs clés, du contexte sans décorations.
  • Peut être orienté verticalement ou horizontalement.
  • Permet de juger la performance en un coup d'œil à la barre.
  • Permet de comparer la performance à un contexte : le marqueur.
  • Permet de savoir à quel point la performance est bonne ou non : tranche de couleur.

 

A l'affichage :

 

 

 

Pour plus de détails sur l'utilisation efficace des bullet graphs reportez vous au chapitre 6 du livre « Dashboard Information Design » de Stephen Few.

 

 

Diagrammes en barres

Le diagramme en barre permet d'afficher de manière très simple plusieurs informations sur un même diagramme et plusieurs instances de l'information (comme la valeur au cours du temps).

 

 

Ce type de graphique peut vous paraitre familier et son utilisation évidente. Mais je ne peux que vous conseiller d'essayer de lire un peu plus à son sujet. Vous apprendrez à classer les différents types de données selon leurs natures : catégorie, ordinale ou intervalle ; puis à faire le bon choix d'affichage en fonction du message que vous souhaitez passer.

 

Ce conseil vaut évidemment pour tous les types de diagrammes dont l'utilisation vous paraitra évidente.

 

Diagramme en barres empilées

Ce type de graphique fonctionne comme un camembert : il affiche la répartition des valeurs d'un tout mais met en avant le tout. Sa lecture est moins aisée qu'un diagramme en barre mais il peut s'avérer utile pour afficher une performance (proche d'une gauge sans les inconvénients).

 

 

 

Diagramme linéaires

Les diagrammes linéaires devraient être utilisés lorsque vous souhaitez mettre en avant la façon dont les valeurs évoluent : la tendance, la fluctuation, le cycle de changement, etc. Ou lorsque vous souhaitez montrer l'évolution d'une valeur par rapport à une autre. C'est le meilleur moyen de mettre l'emphase sur l'évolution de la valeur plutôt que sur la valeur :

 

 

 

Regardez comme le diagramme linéaire met mieux en avant la tendance des réservations par rapport à la tendance de facturation.

 

 

Sparklines

Les sparklines sont des diagrammes linéaires volontairement peu précis dont l'objectif est de donner un contexte à une valeur. Avant plus d'explication voici un exemple :

 

 

Comme l'exemple le montre, la sparkline permet de mieux apprécier le solde actuel en visualisant instantanément l'évolution du solde au cours des 12 derniers mois par exemple. Ce moyen devrait être privilégié aux simples flèches de tendances tant utilisées dans les tableaux de bord. En effet cette flèche apporte bien moins de contexte pour un gain d'espace peu significatif. Regardez comme de grands acteurs utilisent à bon escient les sparklines (Google Analytics) :

 

 

A noter que les sparklines font leurs apparitions dans la R2 de Reporting Services 2008. Jusqu'à présent il fallait créer un diagramme linéaire sans décorations.

 

 

Icônes de tendances

Si toutefois vous avez une bonne raison pour vous contenter d'une simple indication de tendance plutôt que d'une sparkline, il existe plusieurs solutions. Vous pouvez utiliser en fonction de votre besoin :

  • Une flèche colorée : .
  • Une icône : / .
  • Une pastille colorée : .

 

 

Cartographie

Dans le cas où l'information que vous souhaitez mettre en avant est géographiquement localisée vous pouvez utiliser des fonds de cartes. Ceci étant il faut utiliser ce média avec parcimonie et ne pas céder à la tentation de placer toutes les données à connotation géographique sur une carte.

 

Prenons deux exemples : si vous souhaitez visualiser le chiffre d'affaire par région, la région sert de catégorie et sa localisation géographique n'apporte pas de contexte intéressant à votre information. Dans ce cas utiliser un simple tableau permettra de ne pas obscurcir l'information principale. Alors que si vous souhaitez visualiser les forages pétroliers par région ou des flux migratoires, l'utilisation d'une carte devient immédiate. Dans ce cas l'information géographique est importante et la légende permet de comprendre les couches d'informations supplémentaires.

 

Si le cas dans lequel vous vous trouvez est favorable à l'utilisation d'une carte veillez à vous documenter un peu plus sur ce type de média avant toute mise en action. Vous devriez être familier des concepts tels que les couches d'informations, savoir utiliser les bons types de représentations en fonction du niveau de zoom, être capable de choisir entre carte statique et carte dynamique, etc.

 

 

Autres affichages

Il existe un certain nombre d'autres affichages utilisables dans un tableau de bord. Ils ne sont pas explicités pour 2 raisons :

  • Soit leurs mises en place et/ou utilisation est complexe car ils correspondent à un usage plus avancé. Par exemple on peut citer : box plots, scatter plots, treemaps, etc. Pour comprendre quand les utiliser ou comment les utiliser reportez vous au livre de Stephen Few.
  • Soit leurs efficacités dans un tableau de bord laissent à désirer. Par exemple : les camemberts, area, radial, etc. Ce types de graphiques communiquent moins efficacement leurs informations que les alternatives présentées ou sont trop complexes (= supportent une analyse plus poussée que ne le demande un tableau de bord).

 

 

Technologies

Reporting ServicesExcel ServicesMonitoring ServerDéveloppement CustomTexte simpleXXXXBullet graphsXXDiagrammes en barresXXXDiagrammes en barres empiléesXXXDiagrammes linéairesXXXSparklinesXXXGaugesXXTendancesXXXXCartographieXX Note : La cartographie est un type d'affichage relativement nouveau. Reporting Services 2008 R2 supporte les cartes statiques, en développement vous pouvez utiliser Bing Maps, GoogleMaps ou encore MapPoint qui est un équivalent en mode déconnecté. Quelques règles d'ergonomie Les règles ci-dessous sont valables aussi bien dans un design d'application que pour un tableau de bord. Capitalisez sur l'apprentissage externe Pour chaque élément d'interface que vous considèrerez, dites-vous : suis-je en mesure de fournir une meilleure solution que celle que j'ai l'habitude de voir ? Bien entendu « meilleure solution » signifie que les utilisateurs considèrent celle-ci comme meilleure et non vous. Si c'est le cas choisissez votre solution sinon faites en sorte qu'un comportement appris dans une autre application soit utilisable dans la votre. Par exemple le CTRL+T réutilisé dans quasiment toutes les applications avec des intercalaires ou encore utilisez du vert lorsque tout va bien et du rouge quand tout va mal. Utilisez peu d'éléments Ceci pour une raison simple. Le cerveau humain est composé de plusieurs types de mémoires. La première d'entre elles étant la mémoire à court terme autrement appelée la mémoire de l'œil. Cette mémoire comparable à la mémoire vive d'un ordinateur, ne peut contenir qu'un nombre limité d'information : 7 (+/- 2). Ce nombre est appelé le nombre magique de Miller (porte le nom du psychologue qui a fait le premier cette constatation). Ce nombre correspond au nombre d'éléments que votre cerveau est capable de stocker et analyser au même temps. Si vous avez plus d'éléments sous les yeux, votre cerveau n'arrivera pas à évaluer l'ensemble sans vous obliger à jeter un œil, et l'analyse vous demandera un effort. C'est pourquoi un tableau excel avec trop de colonnes devient difficile à lire, ou un menu avec trop d'entrées. Par conséquent : Limitez le nombre d'indicateurs affichés.  

  • Limitez le nombre de couleurs car pour le cerveau plus il y'a de couleurs plus il y'a de significations différentes.
  • Limitez le nombre de polices de caractères.

 

 

Différenciez pour mettre en évidence

Lors de l'élaboration d'un tableau de bord vous devrez présenter plusieurs indicateurs cote à cote. Par conséquent certains auront plus d'importances que d'autres, ou certaines valeurs feront que l'indicateur doit être vu plus facilement. Pour réussir vous devez différenciez vos élements et mettre l'emphase sur les éléments importants.

  • Différenciez par la taille.
  • Différenciez par la couleur ou une teinte de couleur.
  • Différenciez par la forme (normal, gras, etc).

 

Toutes ces différences serviront à créer du contraste entre les éléments. Par exemple :

 

Utilisez les espaces négatifs

Afin de clarifier les informations que vous présentez, utilisez les espaces négatifs. Si nous reprenons l'exemple précédent, nous voyons que la différenciation des éléments est efficacement interprétée comme une différence d'importance. Or sans espace négatif, l'espace libre entre les éléments du design, l'information reste peu accessible.

 

C'est cette même technique qui permet de rendre un design simple, élégant et sophistiqués. Les marques de luxes utilisent énormément les espaces négatifs dans leurs publicités par ex :

 

Notez la différence d'appréciation entre les 2 affiches : celle sans espace négatif parait être une publicité pour une marque peu chère alors que la seconde s'approche des publicités de marques de luxe.

 

 

Guidez l'œil de l'utilisateur

Faites en sorte de guidez l'œil de l'utilisateur sur les éléments importants. Pour cela utilisez le contraste mais aussi les alignements. Remarquez la différence entre les 2 images suivantes :

 

 

 

Voyez comme sur la deuxième image vous réalisez instantanément que le 3ème élément différe des autres.

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur ces techniques, recherchez des informations sur le design+gestalt. Vous apprendrez à utiliser efficacement :

  • Le principe d'alignement.
  • Le principe de proximité.
  • Le principe de similarité.
  • Le principe de fermeture.
  • Le principe de continuité.
  • Le principe de connexion.

 

 

A noter que lors d'un affichage à l'écran, beaucoup d'utilisateurs ont l'habitude de scanner le contenu affiché en réalisant un F. Il s'agit d'un mécanisme de parcours de l'information appris à force d'utiliser des pages webs présentant un contenu en F :

 

 

La zone la plus rouge étant la zone à laquelle l'utilisateur prêtera le plus attention, puis la zone bleu nuit étant la zone ayant droit au moins d'attention.

 

Cependant comme écrit plus haut la mise en valeur d'éléments et l'exploitation des principes de Gestalt permettent de s'affranchir de cette organisation. Mais dans ce cas vous faites les choix de ne pas capitaliser sur l'apprentissage externe.

 

Au final veillez juste à mettre en évidence les éléments importants et affichez-les par ordre d'importance.

 

 

Garantissez la cohérence

 

Une bonne pratique pour ne pas désorienter l'utilisateur est de garantir la cohérence entre tous les tableaux de bords et rapports. Garantir la cohérence revient à définir une charte graphique et ergonomique que chaque élément respectera. L'intérêt étant de formaliser le travail que vous réalisez et de laisser une trace susceptible d'aider les prochains intervenants dans leur tâche.

 

Evidemment cette cohérence est le support de l'apprentissage externe. Une bonne utilisation permet donc d'accentuer ce phénomène.

 

 

Utilisez le langage de vos utilisateurs

 

Cette recommandation peut paraitre évidente (comme souvent en ergonomie) tant il est simple de comprendre que les termes à afficher et utiliser dans une interface doivent être ceux de l'utilisateur pour qu'il les comprenne. Ceci étant c'est peut être l'une des évidences les moins appliquées en informatique. Qui n'a jamais vu un message d'erreur « attention fuite mémoire à l'adresse ****** » ? Que voulez-vous qu'un utilisateur y comprenne ?

 

Cependant dans le cas des tableaux de bords et de la BI en général cette recommandation fait presque office de règle. Il est nécessaire d'obtenir un consensus sur les termes à utiliser et sur ce qu'ils veulent dire. Un terme peut vouloir dire une chose dans le service A et une autre dans le service B. Or votre outil sera souvent le même pour les 2 services.

 

Donc pour des raisons ergonomiques évidentes mais aussi dans un souci de compréhension entre vous et les utilisateurs, obtenez un consensus sur le vocabulaire et utilisez le vocabulaire de vos utilisateurs.

 

 

 

Les erreurs à éviter

 

Voici un extrait de la liste des 13 erreurs à éviter lors de l'élaboration d'un tableau de bord par Stephen Few du livre Information Dashboard Design. Les images et exemples proviennent de cas réels extraits eux aussi du livre de Stephen Few. Pour aller plus loin dans la démarche lisez ce livre riche en enseignements et n'oubliez pas de consulter la liste des ressources à la fin du document.

 

Erreur 1 : Dépasser la taille de l'écran

Votre tableau de bord ne devrait pas dépasser la taille de l'écran (= scroller) ou être découper en plusieurs pages.

 

Comme expliqué précédemment le cerveau humain est conçu pour analyser un nombre fini d'éléments en même temps. Si votre tableau de bord s'étend sur plusieurs pages ou si la page est très longue il y'a de fort risque que l'utilisateur puisse passer à coté d'informations qui naissent en évaluant un ensemble de valeurs.

 

Donc : veillez à ne pas faire scroller votre utilisateur.

 

 

Erreur 2 : Ne pas fournir de contexte adéquat aux indicateurs

Vous devez toujours fournir un contexte à la donnée affichée. Ainsi l'utilisateur pourra faire une comparaison : le résultat est il bon ou mauvais, à quel point est il bon ou mauvais, sommes nous dans les clous, faisons nous mieux que dans le passé ou mieux que prévu ?

 

Ce contexte peut être créé de deux manières :

  • En affichant d'autres indicateurs liés juste à coté.
  • En affichant des valeurs servant à la comparaison.

 

 

Par exemple :

 

La première gauge indique que 7822 unités ont été vendues, ce qui semble bien en raison de la l'aiguille verte. Mais à quel point est-ce bien ? mieux que l'année précédente ? La seconde gauge affiche de manière assez précise le temps d'appel moyen de la société, l'objectif et la valeur actuelle. En un seul affichage vous obtenez toutes les informations nécessaires : est-ce bien ? à quel point ? sommes-nous loin de l'objectif ?

 

Donc : toujours rajouter un contexte utile à la lecture de l'information.

 

 

Erreur 3 : Afficher bien trop de détails ou trop de précisions

Limitez le nombre d'informations affichées et leurs niveaux de détails et de précisions.

 

La première fonction d'un tableau de bord est de permettre à l'utilisateur d'avoir une rapide vue d'ensemble de ses indicateurs. Trop de détails ou de précisions ne fera que ralentir l'utilisateur et rendra l'utilisation du tableau laborieuse.

 

Par exemple préférez afficher $3.8M plutôt que $3,848,305.93 si cette information suffit à l'utilisateur. Dans cet exemple nous voyons l'intérêt d'impliquer l'utilisateur au plus tot dans le processus de réalisation du tableau de bord.

 

Autre exemple :

 

Les 2 parties en rouge contiennent des détails absolument inutiles pour l'utilisateur de haut niveau se connectant au tableau de bord.

 

 

Erreur 4 : Choisir la mauvaise mesure

Ayez toujours à l'esprit l'information que l'utilisateur doit déceler grâce à un indicateur donné. La mesure est mauvaise si elle n'est pas celle qui met en évidence cette information le plus efficacement. Elle peut être juste sans être la plus efficace.

 

Par exemple si l'utilisateur doit voir la différence entre les revenus actuels et les revenus budgettés, préférez afficher +9% plutôt que revenu : 8,433$, budget : 11,333$.

 

Le même exemple en image :

 

Le premier graphique présente le revenu actuel par rapport au budget en dessinant les valeurs dans le temps alors que le second présente la variance de l'actuel par rapport au budget. L'information recherchée par l'utilisateur final est donc plus directement accessible.

 

 

Erreur 5 : Choisir un affichage déficient

Trouvez le meilleur support de l'information (cherchez dans la rubrique boite à outils par exemple). C'est une des erreurs les plus souvent commises dés lors qu'il faut présenter des données (pas uniquement dans les tableaux de bords). Utiliser un graphique alors qu'un tableau aurait suffit ou l'inverse.

 

Pour éviter de faire cette erreur veillez à bien connaitre l'ensemble des outils graphiques à votre disposition afin de choisir de manière éclairée.

 

Par exemple :

 

 

Ce camembert est loin d'être aussi clair que le bar graph à coté. Dans bien de cas choisissez toujours la représentation la plus simple. Ne rajoutez pas de couleurs inutiles, n'utilisez pas les affichages 3D qui n'apportent aucune plus-value, etc.

 

 

Erreur 6 : Diversifier les médias sans raison

Ne diversifiez pas les médias sans raison. Rajouter un type différent de graphique doit servir à véhiculer une information différente. Votre tableau de bord peut contenir une variété de types d'affichages à condition que cela ait un sens. Or le plus souvent cela relève de considérations esthétiques ou de choix arbitraires. Par exemple le tableau de bord suivant présente une trop grande variété d'affichages sans raisons :

 

Ce n'est pas le seul défaut de ce tableau de bord : il est dépasse la taille d'un écran, il y'a trop de couleurs, les types de graphiques peuvent être compliqués comme le premier et le choix des différents types ne se justifie pas.

 

 

Erreur 7 : Utiliser des médias mal conçus

Concevez votre média afin qu'il porte au mieux l'information qu'il représente. En effet on dit souvent que l'on peut faire dire ce que l'on veut à un graphique ou à des statistiques. C'est vrai, c'est pourquoi vous devez concevoir votre affichage afin qu'il supporte votre message.

 

Par exemple :

Le premier graphique utilise la légende pour afficher les valeurs ce qui rend la lecture compliquée, l'ordre aléatoire des parties ne facilite pas la lecture et les couleurs vives créent de la vibration, du bruit. Le second graphique ordonne les parties, affiche les valeurs et utiles des couleurs moins vives. Il supporte mieux le propos.

 

 

Erreur 8 : Encoder les données de manière inappropriée

Convevez le média en vous assurant que la donnée reste exacte lors de sa lecture. En effet parfois les données sont représentées d'une façon qui rend la lecture erronée. Par exemple lorsqu'on utilise des graphiques en 3D ou que les axes sont mal pensés, les données seront soit imprécises soit fausses.

 

 

Par exemple ce graphique en barres qui est censé être utilisé lorsqu'on souhaite afficher avec précision des valeurs quantitatives, ne remplit pas son contrat car l'axe est mal pensé. Premièrement il est imprécis (trop grosses tranches de valeurs) et ne commence pas à zéro ce qui peut entrainer des erreurs de lectures.

 

 

 

Erreur 9 : Mauvais agencement des indicateurs

Comme dit précédemment, guidez l'œil de votre utilisateur. Agencez vos indicateurs pour qu'ils soient facilement lisibles et directement compréhensibles avec le contexte adéquat.

La plupart des tableaux de bords doivent présenter énormément de données en même temps dans un espace très petit. Il n'est donc pas rare d'arranger de manière inadéquate les différents indicateurs. Pour obtenir un arrangement réussi, placez les indicateurs en fonction de leur importance et du flot de lecture que l'utilisateur aura, tout en créant des groupes d'indicateurs simplifiant leurs lectures. Le placement doit tenir compte de la façon que nous avons de lire à l'écran et n'oubliez pas de tirer parti des contrastes, des tailles différentes et des espaces négatifs.

 

Par exemple ne reproduisez pas cet affichage :

 

 

Erreur 10 : Ne pas mettre en valeur les données importantes

Encore une fois guidez l'œil de votre utilisateur en mettant en évidence les informations importantes. Même si votre tableau de bord n'est pas rangé par ordre d'importance mettez en valeur les éléments importants où qu'ils soient.

 

Par exemple :

 

Regardez comme ce tableau de bord ne met aucune information en évidence. Toutes les informations semblent nous sauter aux yeux. Le logo a une importance disproportionnée, etc.

 

 

Erreur 11 : Surcharger l'affichage avec des décorations inutiles

Simplifiez votre affichage au maximum afin de maximiser l'efficacité de lecture des informations. N'ayez pas peur de laisser des espaces vides. Un tableau de bord ne doit pas absolument afficher un maximum d'informations pour satisfaire un maximum d'utilisateurs. Il doit utiliser l'espace disponible au mieux pour afficher les informations dont votre utilisateur cible a besoin.

 

Dans ce contexte évitez les décorations inutiles : reproduction d'un tableau de bord de voiture, 3D, effets de reflets, fonds d'écrans, etc. Par exemple :

 

Les décorations de ce tableau de bord n'apportent aucune plus-value. La seule chose obtenue est une lecture plus difficile de l'information, une mauvaise mise en valeur des informations importantes, etc.

 

Au final les seules décorations autorisées devraient être celles qui permettent de créer une identité à votre tableau de bord. Celles qui servent la mise en avant des informations.

 

 

Erreur 12 : Mauvaise utilisation des couleurs

Apprenez la théorie des couleurs et utilisez les bonnes couleurs dans les bons contextes en nombre limité. En effet certaines couleurs sont connotées, vous ne pourrez pas utiliser du rouge pour mettre en avant une valeur qui est satisfaisante. Les couleurs vives vibrent et ne doivent pas être utilisées en nombre. Préférez les teintes de couleurs plutôt que des couleurs différentes, etc.

 

 

Erreur 13 : Négliger l'esthétique

Faites de votre tableau de bord une réalisation élégante et agréable à utiliser. Un tableau de bord ne gagne pas en crédibilité juste par qu'il est moche. De plus éviter les décorations inutiles n'implique pas de négliger l'esthétique du tableau.

 

Par exemple :

 

Avez-vous envie de travailler avec cet outil ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ressources

 

Blogs

  • http://infographicsnews.blogspot.com/
  • http://infosthetics.com/
  • http://simplecomplexity.net
  • http://www.perceptualedge.com/blog
  • http://visualthinkmap.blogspot.com/
  • http://www.visualcomplexity.com

 

 

Livres

  • Show me the Numbers par Stephen Few (blog perceptualedge).
  • Information Dashboard Design par Stephen Few.
  • Now you see it par Stephen Few.
  • The Visual Display of Quantitative Information par Edward Tufte (de 1983).

 

 

De même retrouvez une compilation de sources intéressantes sur Smashing Magazine :

http://www.smashingmagazine.com/2009/09/11/25-useful-data-visualization-and-infographics-resources/.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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